08 décembre 2005

New York - Malaga















Le vote est tombé hier soir : les 1300 (et quelques...) membres-propiétaires du New York Stock Exchange ont approuvé en majorité la fusion de celui-ci avec la société Archipelago, spécialiste des systèmes de trading et d'échanges électroniques. Suite à cette fusion, le statut du NYSE va passer de partenariat privé à celui de société publiquement cotée (sur le NYSE ??). Pour être tout à fait honnête, ce changement de statut m'importe peu... Je trouverai peut-être de bonnes raisons d'acheter un jour ou l'autre des actions du nouveau groupe mais je n'y vois rien d'ultra-excitant.
En revanche, une conséquence possible de ce vote me réjouit intensément... Vu la spécialité d'Archipelago, on peut supposer que le NYSE devrait dans un futur relativement proche adopter une plateforme de trading électronique ; ce qui non seulement donnera lieu à l'extinction de l'espèce toute particulière de braillards aux costumes bariolés qui peuplent actuellement le Trading-pit, mais aussi, je l'espère vraiment, sonnera la fin (c'est le cas de le dire...) de cette coutume abominable qu'ils ont tous d'applaudir après que la cloche ait sonné la fin de la session. Depuis que je suis les nouvelles financières à chaque fois que j'assiste ces applaudissements, je suis pris d'une drôle de sensation, un mélange de gène et de mépris... Un petit peu comme quand les ploucs autour de vous applaudissent lorsque vous avez le malheur d'atterrir à Malaga un 21 juillet (ou à Bruxelles un 17 août, mais alors ils y mettent moins d'entrain, certains auraient préféré y rester). Certes les applaudisseurs du NYSE ont de plus beaux costumes que le traditionnel tong-marcel du passager Bruxelles-Malaga, mais ils n'en sont pas moins ridicules, surtout à cause de leur suffisance crasse : ils s'applaudissent eux-mêmes et croient qu'ils le méritent vraiment, qu'ils viennent de rendre un grand service si ce n'est à l'humanité entière au moins à l'économie mondiale ! Alors qu'ils n'ont bien entendu servi qu'eux mêmes... Non pas qu'ils aient torts de ne servir qu'eux même, nous passons presque tous (et moi en particulier) l'essentiel de notre temps à servir notre petite personne, mais on ne s'applaudit pas à la fin de chaque journée et l'on s'attend encore moins à ce que les autres nous applaudissent... Imaginez dans les usines, le brouhaha, et chez vous, applaudir le plombier qui vous a fait poireauter trois heures avant de daigner déboucher votre évier... Non et non !
Ils sont ridicules et tout compte fait, leurs costumes ne sont pas si différents de la chemise à fleur du passager Bruxelles-Malaga...